Par Jean-Michel Moullec
Ce week-end du 27-28 mars 2010, je m’étais rendu à Roscoff pour participer au nettoyage de la Rocaille 2. Le temps était correct, nuageux avec de la luminosité. Le matin, les 18 personnes présentes ont bien travaillé à enlever les vieilles plantes. Pendant la pause de midi, j’ai pu faire quelques photos de plantes intéressantes.
La première est plantée près de l’entrée. C’est une Protea neriifolia ‘Limelight’. Achetée en 2004 aux Ets Railhet et plantée en 2005 en zone E1. Elle provient d’Afrique du Sud où elle pousse entre 0 et 1300 m d’altitude dans des sols granitiques ou quartzites dans la partie sud du Western Cape et la partie est du Eastern Cape. Elle peut atteindre 2 m en tout sens. La fleur est une inflorescence entourée de bractées colorées allant du crème au rouge. Ici, il s’agit d’une plante crème. Elle a supporté –4°C sans être abîmée pendant l’hiver 2008-2009. C’est la première fois qu’elle fleurit. Derrière elle, se trouve une autre P. neriifolia qui fleurit en fin d’été vers la fin août ou début septembre.
Un peu plus loin, en direction de la zone de fougères arborescentes et à l’entrée du petit jardin, j’ai eu la surprise de trouver en fleur une magnifique Erica arborea. Nous en avons parlé dans le numéro 29 du mois de février 2010. Cette bruyère pousse autour du bassin méditerranéen mais aussi sur l’île de Madère. On utilisait les rhizomes pour faire des pipes. Chez nous, elle se trouve au milieu d’un grand Dasylirion longissimum et d’une grande Cussonia paniculata et au pied des touffes de Dierama.
Après avoir pris les photos, j’ai continué ma route vers la zone de fougères mais je n’ai pas été bien loin ! Au milieu de la zone G1, un Acacia acinacea était couvert de fleurs jaunes. Cet arbuste est originaire d’Australie où son nom commun est Gold Dust Wattle. La plante peut atteindre 2 m de haut sur 1,50 m de large. C’est environ la taille qu’elle fait chez nous. Elle tolère des froids jusqu’à –7°C. Auprès du rocher, il y avait aussi un autre mimosa en fleur : Acacia howittii, l'acacia collant. Chez nous, cet arbre fait environ 4-5 m de haut.
J’étais tout près de mon objectif. Je voulais voir comment allaient les fougères arborescentes après l’hiver. Depuis deux ans, nous avons un arrosage automatique et par gouttes sur cette zone. Cette technique a rendu très belles les plantes.
Cyathea medullaris, la fougère noire, est de plus en plus belle. Je me rappelle avoir pris une photo de la plante le lundi 15 juillet 2002. Elle était toute petite au bord de la fontaine. En 2007, elle avait pris un peu d’ampleur mais était gêné par Tetrapanax papyrifera. Cet exemplaire s’est cassé sous son poids en 2008. L’arrosage automatique a été installé cette année-là. Pendant l’hiver 2008-2009, la température est descendue à –3°C dans cette zone mais la plante n’a pas souffert. Et en ce début d’après-midi, elle déployait ces grandes frondes sous les Eucalyptus et Cordyline australis. Au fond, on remarque une D. antarctica. C. medullaris est originaire (en particulier) de Nouvelle Zélande. Elle peut atteindre 20 m de haut et résiste jusqu’à environ –5°C.
Cyathea dealbata est une fougère arborescente de Nouvelle Zélande de la principale île mais on la trouve aussi sur les îles Chatham. Nous en possédions deux beaux exemplaires mais un des deux nous a été dérobé. On l'appelle la fougère argentée car la face inférieure des frondes est blanchâtre. Elle peut résister à des gels de -6°C. Par contre, elle est sensible au soleil.
Cyathea robusta est originaire de l'île de Lord Howe, à 600 km à l'Est de l'Australie, d'où est originaire aussi Ficus macrophylla ssp. columnaris qui pousse près du rocher. Cette fougère arborescente peut atteindre 5 m de haut. Elle pousse en zone montagneuse jusqu'à 400 m d'altitude. Il lui faut un substrat humide et une situation abritée. Elle est peu rustique (-4°C) et le froid peut causer des dommages aux frondes.
Cyathea smithii est la fougère arborescente qui pousse le plus au Sud de la Nouvelle Zélande car non seulement elle pousse sur les deux îles mais aussi sur les îles Chatham et Auckland. Elle pousse dans les forêts montagneuses ou basses. Elle peut atteindre 8 m de haut. On doit lui procurer un sol humide bien drainé et un endroit abrité. Elle supporte le sous-bois ou le soleil. Elle est rustique : -7°C à -9°C.
Dicksonia antarctica est originaire de l'Australie et peut résister à des gels de 12°C à -15°C. Par contre, les frondes peuvent être détruites à -5°C voire -2°C. Il lui faut un climat pluvieux, très humide, de sous-bois. Le sol doit être léger, acide, riche, très arrosé, très bien drainé. Elle pousse relativement vite quand elle a de bonnes conditions de culture. Elle peut atteindre facilement 6 m de haut.
Dicksonia fibrosa est originaire de Nouvelle Zélande. Elle est plus petite, plus fine que D. antarctica. Elle a les mêmes conditions de culture que celle-ci. Elle aime une situation ombragée. Sa rusticité est inférieure. (-10°C)
Dicksonia squarrosa est largement plus petite car elle atteint juste 1 à 2 m de haut. Elle rejette facilement pour former une colonie. Malheureusement, notre tronc principal a été bouturé par un amateur peu scrupuleux. La plante repart mais c'est dommage. Il lui faut une situation très humide, ombragée, riche en humus, du sous-bois ! Les frondes sont abîmées à partir de -4°C ou -5°C mais la plante survit. Elle doit geler à -6°C comme Cyathea cooperi car elles poussent dans les mêmes régions.
Enfin, dans la rocaille de l’entrée, pousse un Aloe inconnu. Il fait de belles fleurs rouges et un tronc. Il a été planté en 2005 et depuis a fait un tronc. Il a supporté des gels de –3°C puis –4°C pendant l’hiver 2008-2009. Il fleurit chaque année au début de printemps avec des inflorescences doubles ou triples et des fleurs rouges. Pour l’instant, personne n’a réussi à l’identifier. Un autre aloès près du rocher était aussi en pleine floraison : Aloe microstigma. Il avait été planté en 2009 et a bien supporté l'hiver à l'endroit où il est planté.
En rentrant du rocher, je n'ai pas pu m'empêcher de photographier une nouvelle fois le bel Phoenix canariensis planté au bord du bassin. Je me suis de nouveau dirigé vers la zone des fougères arborescentes : en y rentrant, on croise sur la gauche un Afrocarpus falcatus et sur la droite Rhopalostylis sapida, espèce que l'on retrouve en sortant de l'autre coté.
En revenant vers l'entrée, je me suis arrêté pour photographier une jeune grimpante : Hardenbergia violacea, plantée en 2007 dans le petit jardin. Elle commence à grimper à son support, une cordyline.
Malheureusement, le temps de la visite était fini : le travail de nettoyage de la rocaille devait recommencer. Je rejoignait les autres et nous nous y attelâmes de bon cœur.